Bienvenue dans l'article « vers Pékin » du site du voyage transsibérien de Gaëlle et Florian.Toutes les recherches et démarches que nous avons effectuées pour préparer le voyage en transsibérien : internet, visas, langues étrangères, etc.
Articles postés pendant le voyage ! Suivez notre parcours en Russie, en Mongolie, en Chine...
Avant le bilan sur la grande aventure du transsibérien (à venir) quelques images en couleurs !
Nous nous approchons peu a peu de la dernière ville russe ; la provonitsa nous demande de retirer tous nos sacs des rangements supérieurs - rangements qui contenaient, en plus de nos bagages, notre popote, notre nourriture, un vrai souk ! Repaquetage, descendage de sacs, sortage de passeports. Nos voisins chinois sont beaucoup plus sereins. Alexei, un passager russe avec lequel nous avons sympathisé, nous conseille d’enlever toute la nourriture de la table : il arrive qu’elle soit « empruntée » par les douaniers... Ils se sont donnés le mot ou quoi ?
Nous arrivons enfin à la frontière russe. Le train arrêté, un nombre insensé de personnes defile devant nous : distribution de la déclaration des valeurs sortantes (seulement en russe), ramassage des passeports, vérification de la déclaration des valeurs, ramassage de la déclaration des valeurs. Tout le monde descend ensuite du train, qui part dans les ateliers : l’espacement des rails en Russie est plus large que dans tous les autres pays, il faut donc CHANGER LES ROUES ET LES ESSIEUX. Ça a pris quatre heures, durant lesquelles nous avons baguenaudé dans la gare très excitante du bout du monde : courses de bouffe, jeux et lecture sur le quai (« verrry goud »). On réalise, pour la premiere fois, qu’il y a d’autres européens dans le train : une famille de français, une famille de norvégiens, quelques couples, et des gens seuls, un grand groupe d’allemands [1].
Petite halte tres agréable, enfin de l’air pur et de l’effort pour nos mollets !
Le train de retour, on nous rappelle, le défilé reprend : on nous rend nos passeports tamponnés, sans un regard, on nous fait ressortir de notre compartiment et un petit gars transpirant comme un bœuf, muni d’une lampe de poche 500 Watts, fouille scrupuleusement le compartiment : il ouvre le plafond, les aérations, et vérifie que nous n’avons rien planqué... On se dit : chouette, on va repartir ! Que dalle ! Deux heures d’attente supplémentaires, dans un wagon sans clim’, sans possibilité d’ouvrir les fenêtres, en plein soleil... Notre voisin, comme à son habitude, soulève son T-shirt pour aération ventrale (« verrry goud ! »).
Eh ben ! Aucune remarque ne nous a été faite sur l’absence de tampon d’enregistrement de nos visas (OVIR), que personne n’a voulu nous faire, ni a Moscou ni a Kazan. Tant mieux !
Vingt minutes de train, on arrive à l’imposant portail chinois, totalement kitsch et coloré (Gaelle adore), ça y est, on est en Chine ! Nos voisins sautent de joie, nous signalent qu’on est arrivé, « China ! Verrrry Goud ! » Et c’est reparti pour...
Rebelote, en plus professionnel et plus rapide : on remplit une carte d’arrivée, en anglais cette fois-ci, ainsi qu’une déclaration de valeurs entrantes. Une femme passe avec un ordinateur portable, vérifie nos noms et numéros de passeport, nos visas, elle rentre tout ça dans la machine. Apparemment tout va bien, celle qui vient derrière valide les visas avec le tampon. On est officiellement acceptés par la Chine ! Verrry goud ! Nos deux voisins chinois nous ont pris par la main, nous ont fait descendre du wagon [2], et emmenés dans la gare.
Difficile à imaginer : flambant neuve, moderne, kitschissime, un vrai décor de Disneyland chinois : de petits faons nous souhaitent la bienvenue en chinois et en anglais, le tout en lettres dorees... China, verrrry goud ! Dedans c’est l’effervescence : derriere des grilles, des chinois nous proposent de faire du change : dollars, roubles, yuans. Des liasses à la main ils nous interpellent. On change un peu d’argent, et on fait les boutiques : des bibelots en tout genre, de la nourriture, de la bière, à un prix défiant toute concurrence (25 Yuans les 10 bouteilles, 2,5 euros, « tchip, verrrry goud » ), tout est proposé ! On achète à boire, des fruits, et notre premier repas chinois : riz, légumes, viande, dans une barquette encore chaude. Encore une fois, les chinois rigolent en nous voyant manger, avec des baguettes cette fois-ci. Ce sera pourtant la seule fois où Florian réussira à manger sans se tacher... Verrrry goud !!!
La nuit tombée, le train repart enfin.
Au total : 10 heures de douanes, 10 litres de transpiration, aucune emmerde.
Alors là c’est sûr, plus rien à voir avec la solitude de la Sibérie, les grands espaces, les rares villages !!!!! Les villages s’enchaînent les uns derrière les autres, tout semble cultivé, les champs de riz et de maïs alternent, les arbres sont plus rares qu’en Russie, le paysage est plat comme la Hollande et très très rural : vaches, cochons, moutons, chèvres, oies et canards... et puis il y a des gens partout ce qui nous change également de la Russie où l’on ne voyait des gens que dans les gares. On aperçoit principalement deux types d’habitat : soit de petites maisons en briques rouges, pas d’étage, de petits jardins transformés en potagers. Soit de grands immeubles qui ressemblent fort aux immeubles russes, grands, carrés, fonctionnels et pouvant accueillir beaucoup de gens. Et puis dans les grandes villes, il y a les buildings, murs en verre fumé, toit pointu, forme a l’américaine : il faut y ajouter les couleurs, des pastels, rose, mauve, bleu aux tons les plus vifs, après une forte prédominance du rouge ! et des néons, des enseignes lumineuses, kitsch, voyantes...
On a voyagé deux nuits et un jour en Chine. Petit a petit nos amis chinois ont quitté le train, enfin arrivés chez eux. À Beijing nous étions plus que 7 ou 8 dans notre wagon. À 5h20, nous sommes arrivés dans la capital, il faisait jour, un jour brumeux et on a eu peur d’avoir froid avec tout ce brouillard ! Hahaha ! Dès 5h30, il devait déjà faire 30 degrés et ce n’était pas vraiment du brouillard mais une sorte de chape de nuages bas, apparemment normale ici ! Il fait chaud, humide et même quand on ne fait rien on transpire mortellement.
Le quai était presque désert, tranquille, on ne s’attendait pas à l’effervescence qu’il y avait dehors ! Des tas de gens sortant de la gare, des touristes chinois semble-t-il, des rabateurs des hôtels qui vous suivent, des gens dormant dans les espaces verts de ci, de là, des vendeurs de nourriture, boissons, des voitures dans tous les sens, des taxis qui klaxonnent, des vendeurs de plan, des vélos... Waou ! Beijing, verrry goud !