Bienvenue dans l'article « Visite éclair à Iekaterinbourg » du site du voyage transsibérien de Gaëlle et Florian.Toutes les recherches et démarches que nous avons effectuées pour préparer le voyage en transsibérien : internet, visas, langues étrangères, etc.
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Avant le bilan sur la grande aventure du transsibérien (à venir) quelques images en couleurs !
Le second voyage en train s’est aussi bien déroulé que le premier : nouvelle provonitsa [1] toujours aussi intriguée par nos billets, nouveaux sympathiques voisins russes dans le compartiment. L’anglais commence à se faire rare : seul un russe le parle dans notre wagon, et il faut savoir que c’est de l’anglais pour le comprendre... On discute [2], on mange, on dort (une nuit), on boit du thé : dans chaque wagon, il y a en effet un « distributeur » d’eau chaude, sorte de samovar chauffé au charbon ou au bois, je n’ai pas bien vu lorsque la provonitsa a entretenu le feu. C’est très pratique, aussi bien pour les boissons chaudes que pour les soupes chinoises... C’est la seule eau potable du train.
A 17 heures (15 heures pour Moscou), nous arrivons enfin à Iekaterinbourg (Sverdlosk sur le billet de train, son ancien nom soviétique).
Prochain rendez-vous dans la gare : 4 heures de matin ! Pas besoin donc de chercher un hôtel, nous mettons nos bagages à la consigne, aidés par un italien parisien polyglotte qui va de Moscou à la Mongolie en train.
Libérés du poids des sacs, nos deux mulets font quelques courses (on a trouvé du fromage !) et entreprennent la visite de la ville. Elle a joué un grand rôle dans l’Histoire russe, et reste empreinte d’un certain prestige, rempli de paradoxes : l’Eglise du Sang est une immense et brillante eglise orthodoxe, construite en hommage à la famille Romanov sur le site de leur exécution (après la révolution communiste, en 1918). Les Romanov sont à présent vénérés comme des saints ! La ville s’est en revanche longtemps appelée Sverdlosk, du nom du commanditaire de l’exécution...
Pas loin de cette eglise, on découvre de petites bâtisses en bois, à l’architecture presque Art Nouveau, dont une ancienne poste transsibérienne, célèbre pour son panneau d’époque indiquant la distance Moscou - Saint Pétersbourg en verstes, ancienne unité de mesure russe. Après la séance photo, nous longeons le bassin communal : c’est calme, il y a des barques sur le lac, tous les passants ont l’air de touristes, on se serait cru dans une petite ville balnéaire, un soir d’été... Là encore, on retrouve des traces de l’Histoire : une mairie parfaitement soviétique, étoile, faucille, marteau, fresques héroïques, etc. Nous avons aussi aperçu une sculpture rouge, tout près, qui s’est révélée être l’Ordre de Lénine, offert par les soviets à la ville, pour son soutien et son dévouement pendant la Seconde Guerre Mondiale : c’est en effet à Sverdlosk que toute l’industrie de l’Ouest du pays a été déménagée, pour l’éloigner du front. Pour cette raison, jusqu’à la fin du communisme soviétique, la ville était interdite aux étrangers, classée « secret-defense ».
Après avoir vainement cherché un cybercafé, nous abandonnons les larges avenues de la ville pour retourner à la gare, et nous préparer à la longue attente du train... Terrasse de bar, jeu de société, lecture... Epuisés par 5 heures d’attente, et une nuit presque blanche (le soleil se couche a 23 heures, c’est n’importe quoi ce décalage [3]), nous montons dans le train...
Rappelez-vous : nous n’avons pas de places attitrées dans le wagon ; c’est à la provonitsa de nous trouver deux lits. Ce qu’elle fait avec la douceur officielle à laquelle nous sommes maintenant habitués : elle regarde la liste des places disponibles, en trouve deux dans la même cabine (nous serons donc ensemble pour la semaine de voyage, ouf !), ouvre sauvagement la porte, allume le néon blafard pour nous montrer les deux couchettes supérieures, réveillant violemment les deux chinois des couchettes inférieures, les yeux exorbités par la lumière... Gaëlle et moi, rouges de honte, baissons les yeux et la lumiere, callons nos sacs, faisons nos lits en vitesse et zouh ! au dodo...
[1] l’hôtesse du rail en Russie
[2] on fait des gestes, quoi
[3] de toute maniere, dans la gare, toutes les horloges sont à l’heure de Moscou (heure indiquée sur les billets de train), ce qui nous aide à resister psychologiquement : le train ne part plus à 4 heures du matin mais seulement à 2 heures...