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Rediger Bienvenue dans l'article « La Grande Muraille de Chine » du site du voyage transsibérien de Gaëlle et Florian.

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Etoile jauneLa Grande Muraille de ChineEtoile jaune

ou émerveillement total !

par Gaëlle (21/07/2004)

Salut tout le monde ! Ce matin je suis seule pour écrire ce message puisque Flo dort dans notre chambre. Je crois que lui aussi est touché par la malédiction du sommeil : d’abord on a eu le japonais qui, quelque soit l’heure à laquelle on arrivait, était au lit, dormait, la clim’ à fond (18 degrés) et la lumière allumée... un soir il s’est levé a 23h, est sorti et est revenu à 3h du mat. Louche tout ça ?!!! Maintenant on a Jo le canadien, qui est atteint de fatigue et de mal de gorge : rebelotte, quand on rentre, il dort !!!! Ce matin, Flo dort comme un bienheureux, en compagnie de Jo ! Contaminé.

La vérité est ailleurs, cela fait deux matins qu’on se lève tôt pour faire des trucs importants, lundi on est allé pleurer pour obtenir nos visas et hier, réveillés 7h30 pour pouvoir aller à la Grande Muraille de Chine ! On était tous les deux impatients et très contents de cette belle journée qui s’annonçait. Il faut savoir qu’en Chine c’est la saison des pluies. Pour le moment nous n’avons vu le soleil qu’une seule journée ; et de temps en temps, il perce faiblement les nuages, on aperçoit un disque lumineux dans le blanc brumeux du ciel. Hier ce n’était pas comme ça, en quittant Beijing vers 9h30 (il faut plus d’une heure pour avoir l’impression qu’on a quitté la ville), il s’est mis à tomber des trombes d’eau, des gouttes énormes, en quantité énorme... Youpi, ça va être chouette la ballade à la Muraille, qu’on s’est dit... La pluie a alterné avec la brume ou le brouillard tout le long du chemin. En tout plus de 3 heures de route, dans un bus où tout le monde avait chaud et où le conducteur semblait suivre des règles de conduite qui nous sont absolument inconnues : pas de priorité à droite ni a gauche, double par la droite ou la gauche, klaxonne sans arrêt (mais on pense que c’est juste pour signaler sa présence, rien d’agressif comme chez nous), slalomme entre tous types de véhicules qui se trouvent sur sa trajectoire, ne ralentit pas, freine à la dernière minute... Malgré cela, on est bien arrivé ! Je l’ai déjà dit, on a une chance insolente ! Vers 12h30, on arrive a Jinshanling, l’un des lieux où l’on peut voir la Grande Muraille. En deux mots, les premiers tronçons ont été construits il y a plus de deux mille ans. Plusieurs murailles, construites par différents empereurs furent reliées entre elles pour se protéger des mongoles. Au départ elle a été construite en terre. Pendant la dynastie Ming, un gigantesque travail de consolidation fut entrepris, recouvrant la muraille de pierre et de briques (estimées à quelques 60 millions de mètres cubes de matériau) : cela prit plus d’un siècle...

Voilà pour l’histoire ! Vers Pékin, il y a donc plusieurs sites possibles à visiter, ceux, complètement restaurés, envahis par les touristes, les cars, les restaus et les gardes Ming aux jolis déguisements. On avait pas envie ! Ensuite il y a deux sites, Jinshanling et Simatai, en bon état, avec une partie restaurée et surtout une grande ballade à faire de l’un à l’autre, 10 km de marche sur la Muraille. Cela refroidit le touriste, il y a donc beaucoup moins de monde. Il y aussi une partie complètement préservée, Huanghua : pas de monde, de la vraie rando, il est conseillé de partir équipé et meme pourquoi pas de prevoir d’y dormir. Pour nous le choix a été vite fait, nous sommes partis faire nos 10 km à pied !

On roule, on roule, on quitte l’autoroute, puis on quitte la route principale et on traverse la campagne, beaucoup de champs, de verdure, de petites maisons en briques rouges... Et puis, petit à petit, le relief s’est accentué, les montagnes, petites mais escarpées. Toujours vertes, très vertes. Arrivé a 12h30, on a paye ! Payé le droit d’entrée sur les deux sites (60 Yuans), payé les droits d’aller faire pipi dans des WC magnifiques en rase campagne (1 Yuan), payé un pique-nique frugal (2 litres d’eau et 3 paquets de biscuits pour 55 yuans, plus chers que les petits restaus dans lesquels nous mangeons normalement !!!!! Ils ont tout compris au fonctionnement du tourisme, bordel !!) et nous voilà partis, en compagnie de Florence (qui vit a Hong Kong et qui est là seule pour quelques jours de vacances) et David et Aude (qui en sont à leur deuxieme mois de tour du monde) des français.

C’est FORMIDABLE et INCROYABLE ! Complètement fou d’imaginer que des hommes sont montés, chargés de pierres, sur ce relief peu accessible, voir complètement inhospitalier, pour construire cette muraille immense ! Les montagnes sont partout, quelque soit le sens où l’on tourne la tête, la muraille est perchée sur la crête des montagnes et la suit, il y a des à-pics de chaque côté, couverts d’une végétation dense et peu accessible. Comme la Muraille suit le relief, elle ressemble à un serpent sinuant d’un pic a l’autre.

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Sur les cretes

Il y a des tours à intervalle regulier, petites, compactes, carrees. C’est fait de telle façon que lorsque l’on est à une tour, on peut en voir quelques-unes derrière et quelques-unes devant. Evidemment, ça grimpe sec et ça descend de façon abrupte... le premier tronçon a été un peu sportif, les marches sont hautes, peut-etre le double d’une marche normale, et souvent peu larges : cela impose des mouvements que l’on est pas habitué à faire. Cela monte toujours plus que ce que cela ne descend de l’autre côté. Et ça monte, et ça descend... de vraies montagnes russes, ça n’arrête jamais. Le sol, s’il est en bon état est pavé, il y a un muret de chaque côté. Ça c’est pour les parties les mieux conservées, ou restaurées. Sinon, les sols sont abimés par le temps : des pierres manquent, il y a des herbes qui poussent, des trous, de la terre qui rend le sol plus instable. Parfois les murets n’existent plus, il faut escalader certains endroits, sauter, passer par le côté.

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Un muret ?

Globalement le paysage est superbe ! Parce que ce que l’on n’a pas encore dit c’est que l’on a pas eu une goutte de pluie de toute la journée, mais notre invariable temps brumeux, ciel blanc et bas. Les montagnes les plus lointaines avaient une fantomatique couleur gris laiteux, avec à leur sommet une petit tour carrée. Vraiment très très beau, aussi grandiose que ce que l’on avait imaginé !

On a marché et grimpé pendant 4 heures pour faire nos dix kilomètres, on est arrivé pile à l’heure du rendez vous, 17h, juste au moment ou a éclaté l’orage. Nickel chrome ! On était SALE, collé de sueur et de poussière, légèrement affamés, mais HEUREUX (et on verra demain pour les courbatures).

medaille russe
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