Bienvenue dans l'article « 9000 km en train... » du site du voyage transsibérien de Gaëlle et Florian.Toutes les recherches et démarches que nous avons effectuées pour préparer le voyage en transsibérien : internet, visas, langues étrangères, etc.
Articles postés pendant le voyage ! Suivez notre parcours en Russie, en Mongolie, en Chine...
Avant le bilan sur la grande aventure du transsibérien (à venir) quelques images en couleurs !
On l’a déjà dit, on a trouve ça super confortable, ils sont spacieux, agréables... cette fois nous avions les deux couchettes du haut ce qui malheureusement ne permet pas de profiter à 100% du paysage qui défile, surtout quand les gens du bas s’allongent et dorment. On nous avait promis soit des touristes en quantité (les guides et les agences), soit des cosaques turco-mongols (voir message d’Alice et de sa copine) : RIEN DE TOUT ÇA ! Mais un plein wagon de chinois rentrant chez eux en Chine. Des gens qui bossent, étudient en Russie ou plus simplement font du commerce. Dans tous les cas des habitués du système !!! Donc nous partagions nos quelques mètres cubes avec une jeune chinoise et un jeune chinois. Elle on a jamais su ni son prénom, ni ce qu’elle faisait là. Lui était plus bavard, en tous les cas il essayait de communiquer avec nous, soit avec quelques mots d’anglais, soit avec du chinois : « verrry goud, verrry goud ! » Néanmoins on les a trouvé bien sympas, autant eux que tous ceux de notre wagon. Ils ont tous été surpris de notre nationalité, cela a fait le tour du wagon et puis des quais vers les autres wagons « faguo », « faguo » ...
Ils ont observé tout ce que nous faisions comme écrire, ils ont ri de nous voir manger les soupes chinoises à la maniere italienne avec fourchette et cuillère, ils ont souri quand on jouait au scrabble, ont épluché nos livres de voyages et de discussion chinoise, etc., etc. compte tenu de la promiscuité, on a de la chance, une fois de plus !!, de tomber sur eux. En gros l’aventure c’est encore mieux quand on a le cul bordé de nouilles !!!
Comment ça fait de rester 5 jours et 6 nuits dans le train ? Eh bien, contre toute attente, c’est plutôt cool. On a lu, écrit, joué, dormi... on ne s’est jamais posé la question de savoir dans combien de temps on arrivait, ridicule quand on sait qu’on est là pour des jours. On a aussi causé avec d’autres gens et interminablement regardé le paysage de la Sibérie défiler devant nous à 75 km/heure. Et oui, ce n’est pas le TGV. En fait, ce fut vachement reposant !!
C’est GRAND, LARGE, cela semble sans fin, c’est définitivement vert et humide ! Mais c’est vachement beau. D’un jour à l’autre on a vu des différences, beaucoup de forêts, des bouleaux à perte de vue !!! et peu de relief au début, des marais aussi ; après Kranoïarsk, on voit de grandes étendues herbeuses, cela donne une idée de la steppe, les arbres deviennent plus rares pendant un temps : on est juste surpris de ne pas voir arriver Gengis Khan au galop ! Puis vers Irkoutzk plus de relief, un air de montagnes, de nouveau des sapins, des grands bouleaux, le lac Baïkal que l’on longe un grand moment, si vaste que ne voit pas le bout, qu’il se confond avec l’horizon... Ensuite, le matin où l’on va passer la frontière, c’est d’un coup sec, jaune, chaud, désertique ; plus d’arbres, plus d’herbe, plus de marais. L’un des chinois du train disait que c’était comme la Mongolie. Soit.
Il y a des tas de villages le long de la voie ferrée, à peu de choses toujours identiques : presque toutes les maisons sont en bois. Parfois elles sont peintes de couleurs vives, bleu, rouge, jaune, blanc, ce qui est réellement très joli !!! Sinon, elles ont une couleur foncée, celle du bois qui résiste aux intempéries. Et des fenêtres décorées, peintes la plupart de temps en blanc et bleu. Les maisons sont entourées d’enclos et dedans de grands potagers avec une prédilection pour la culture des pommes de terre ! Il y a aussi des bâtiments en briques, mais ils sont plus rares et souvent ce sont des bâtiments officiels, gare, école... On n’a pas vu de grandes routes, souvent dans les villages il y a des chemins de terre battue. Les villages semblent posés là depuis 100 ans et c’est presque une surprise de voir des gens comme vous et moi en sortir ! Je me suis tous les jours demandée où les gens bossaient, de quoi ils vivaient, comment ils se déplacaient durant le rude hiver sibérien, et pire encore au moment où tout se transforme en boulimatche [1] au printemps ?!! Irina disait qu’il y avait une réelle différence entre Moscou (et les villes de l’ouest) et le reste du pays : on l’a bien senti. Mais ce que l’on garde c’est plus ce BEAU PAYS tout le long des kilomètres, ce gigantesque terrain de jeux sauvage, préservé, les forêts à perte de vue, le bord des lacs.
Et comment on mange ? et comment on se lave ? Et bien, déjà il y a le samovar et les soupes chinoises, et c’est formidable ! Ensuite on s’arrête plusieurs fois par jours pour 15, 20, 25 minutes dans des gares et là c’est le moment où jamais de faire des provisions. Des femmes des villages ou des vendeurs spécialisés vendent de tout : fruits frais, boisson, soupes diverses, toutes sortes de beignets faits maison, patates cuites à l’eau, poulets rôtis, poissons fumés (et puants) vers le lac Baïkal (et les chinois ont A-DO-RÉ, Beurk), glaces à consommer de suite, café soluble, pain.... Alors c’est l’effervescence dehors d’un seul coup : les marchands se jettent à l’assaut du train, crient, appellent le client. Les clients eux aimeraient bien sortir, sauf que c’est tellement le bordel devant les portes du train, ça se bouscule, ça se pousse et on met trois plombes à atteindre le quai ! Ajoutez à ça la provonitsa qui crie et qui presse les gens de rentrer, c’est le BORDEL. Les chinois ont été de particulierement bons clients à chaque arrêt, surtout celui des poissons, ceux qui puent. Même pas je vais vous parler de l’odeur dans le wagon quand ils se sont tous mis à les déguster, à boire de la bière et à roter bruyamment. Youpi.
On ne peut pas dire que ce fut réellement des repas gastronomiques, ni réellement pris à heure fixe, mais on s’en est sortis honorablement, et il faut bien l’avouer, en partie grâce a notre saucisson, nos trois boîtes de rillettes et notre boîte de pâté de canard. Nous remercions nos aimables lecteurs de ne pas en faire un fromage comme pour notre visite accidentelle au Mc Do.
Quant à la douche, à cœur vaillant rien d’impossible : il fallait se munir d’un gobelet, d’une serviette, de lingettes et de savon. Les WC étaient petits mais propres au moins jusqu’à l’avant-dernier jour. Par terre une sorte de grillage en plastique bleu qui permettait : 1) de ne pas glisser ; 2) de laisser l’eau s’évacuer facilement par le Trou. Un petit lavabo : on avait bien apporté une bonde pour le boucher mais elle etait trop grande. Dans l’ordre : se déshabiller, se savonner avec une des lingettes préalablement rincée, et se rincer à grande eau en se jetant des verres d’eau froide. Ça peut paraître spartiate mais c’était bien efficace et complètement indispensable pour nos 5 jours de vie commune. Certains chinois, en graissant la patte du provodnic (masculin de la provonitsa), ont obtenu de l’eau chaude.
Le 14 juillet nous sommes arrivés à la frontière entre Russie et Chine, cela a pris plus de 10 heures pour la passer...
[1] Orthographe d’après Yann, cf. le forum...