Bienvenue dans l'article « Milieu du monde » du site du voyage autour du monde de David et Aude.Pour tous les amoureux de geographie (dont je fais partie), la ligne de l’Equateur est un fantasme : le milieu du globe. Tout petit deja, je revais de la traverser a pied, de courir dessus. Certains me disaient qu’elle etait imaginaire. Je savais que c’etait faux, qu’elle existait, je la voyais sur ma carte du monde. Hier, j’ai enfin pu realiser mon reve de gosse. J’ai couru dessus, sautant d’un hemisphere a l’autre, passant de l’automne au printemps. Aude etait moins enthousiaste au depart mais s’est vite prise au jeu, surtout devant les demonstrations de ce qu’on ne peut faire que sur la ligne. Ici, l’eau tombe a la verticale. Pas de tourbillon dans le sens des aiguilles d’une montre (comme en hemisphere sud) ou dans le sens contraire (comme en hemisphere nord). Sur la ligne, on pese environ un kilo de moins qu’a nos latitudes europeennes car la terre n’est pas ronde et la surface terrestre a l’Equateur est la plus eloignee du centre de la terre. Il est ainsi tres facile de faire tenir un oeuf sur un clou. On a egalement moins de force physique. Le plus impressionant est que toutes ces demonstrations ne fonctionnent plus des qu’on s’eloigne de quelques metres de la ligne. Bon, je ne vais pas m’eterniser la dessus mais nous sommes redevenus des gosses pendant une journee. Et quand meme cocorico : c’est Monsieur de la Condamine qui au debut du 18eme siecle a lors d’une expedition scientifique determine la latitude exacte du milieu de la terre (de recents calculs par GPS ont montre qu’il ne s’etait trompe que de 250 metres - chapeau bas).
Naturellement, cette ligne a donne son nom au territoire ou elle a ete fixee. L’Equateur. Voila bien un pays etrange. Pour etre franc, tout ici est un peu fade lorsqu’on arrive du Perou. Mais ceux qui y arrivent directement d’Europe sont rarement decus. Sur un territoire minuscule, on trouve la cote Pacifique, la Cordillere des Andes et l’Amazonie. Un condense d’Amerique Latine.
Les paysages sont superbes, notamment grace aux immenses volcans, dont la plupart sont seulement endormis. Malheureusement, tous ont ete integres dans des parcs nationaux dont les prix d’entree sont exorbitants.
Plusieurs villes ont garde les traces de leur passe colonial. La plus sublime est sans doute Cuenca, dans les hauteurs andines. Une merveille, classee par l’Unesco. Tout le centre ville, articule autour d’une riviere dechainee, n’est qu’alternance d’eglises, de maisons coloniales a balcons ultra-travailles, de places fleuries. Sans aucun doute, la plus belle ville du pays. A quelques kilometres de la ville (mais a plusieurs heures de transport public), se trouve le celebrissime Nariz del Diablo. Ce ne serait qu’une simple montagne sans interet si les equatoriens n’avaient eu l’idee de construire une ligne de chemin de fer sur ses flancs. Le resultat est etonnant. Le train doit faire son parcours en zigzag, la locomotive tantot tirant, tantot poussant les wagons. C’est la fierte nationale. Nous avions decide de faire le parcours sur le toit du train, mais notre wagon a deraille. Nous avons donc fini sagement assis a l’interieur. C’est une experience unique, meme si elle est devenue tres touristique.
Lors de notre remontee du pays, nous avons eu la malchance de nous faire voler notre appareil photo numerique. Adieu les photos de Lima, de Trujillo, des 3 sites Moche de Chan-Chan, de Chiclayo, de Sipan, de Cuenca, du Nariz del Diablo. Plus de 130 photos envolees. Je dois avouer que ce fut du travail de pro. Sac ouvert et referme, aucune trace apparente. Ce qui est etonannt est que nous n’avons vraiment pas l’air de gens fortunes. Nos chaussures sont defoncees apres 11 mois d’aventure, nous ne portons ni montre, ni bijou, nous n’avons aucune affaire de marque. Mais le "gringo" est une cible designee.
Nous sommes maintenant a Quito, la capitale historique du pays. La vieille ville est un bijou, extraordinairement bien conservee. Mais elle est minee par la violence. Deambuler entre les immeubles historiques reste cependant un vrai bonheur (en journee) et n’en reste pas moins une etape indispensable de tout voyage en Amerique du Sud.
En "preparant" notre tour du monde, nous avions decide de remonter l’Amerique Latine d’Ushuaia a Mexico. Nous pensions faire l’integralite de ce fabuleux parcours sur la terre ferme. Malheureusement, la situation actuelle en Colombie ne nous permet pas de passer au Panama par la route (la zone frontaliere est interdite aux touristes car sous controle des guerillas locales). Nous devons donc prendre demain un avion de Quito a Panama City. Il ne nous reste que 6 semaines pour traverser l’Amerique Centrale. Nous devrons donc faire des impasses. Nous privilegierons le Guatemala et surtout le Mexique qui nous fait tant rever (surtout Aude).